L’émancipation de la femme lui a permis de sortir du carcan procréatif qui lui était destiné comme seule sexualité depuis des siècles.

En quelques années, la femme a été reconnue dans toutes les dimensions de l’être humain. Elle est désormais autonome, libre de ses choix, de ses études, de son avenir professionnel, elle peut décider de sa maternité, choisir son partenaire d’un soir ou pour la vie, définir son orientation sexuelle.

Aujourd’hui, nous sommes dans une société hyper-sexualisée. La sexualité est omniprésente : internet, magazines, cinéma, radio, télévisions, publicité…. Cette sexualité, constamment suggérée dans notre quotidien, impose insidieusement de nouvelles normes du tout est possible, tout est accessible et réalisable puisque nous devons jouir.

Au nom de la révolution sexuelle, nous sommes passés d’une sexualité féminine secrète et mystérieuse à l’injonction de jouir. Une jouissance vaginale (donc impliquant la pénétration) qui fera de la femme, une vraie femme libre et épanouie.

On lui explique tous les chemins possibles existants pour accéder à son plaisir et on lui suggère de les tester puisqu’elle en a désormais le droit.
Comme des recettes de cuisine ou des modes d’emploi, on expose et décortique toute la panoplie des techniques sexuelles (comment faire une fellation, comment recevoir un cunnilingus, comment devenir une femme fontaine, comment pratiquer la sodomie…) en incitant à utiliser cette boite à outil merveilleuse.

Devant cette pression implicite (voire explicite!) que se passe-t-il vraiment quand le plaisir et/ou l’orgasme n’est pas au rdv ?

Dans la sexologie clinique, on distingue deux types de troubles du plaisir.

  • Le trouble du plaisir dit « primaire » : Il se définit par une anorgasmie qui a toujours existé et cela depuis le début de sa vie sexuelle, une absence d’orgasme qu’elle que soit les formes de stimulations employées .
  • Le trouble du plaisir dit « secondaire » implique qu’il est survenu après une vie sexuelle sans trouble.

La prévalence :

Le trouble du plaisir et/ou anorgasmie chez la femme correspond à 20% des consultations en sexologie.

Les origines :

Pour les troubles primaires, beaucoup d’études suggèrent que l’orgasme serait une potentialité que la femme apprendrait à développer avec l’expérience, le temps et l’apprentissage.

Les anorgasmies primaires de la jeune femme (< 35 ans) seraient ainsi liées au manque d’expérience et/ou quelques fois aux maladresses du ou des partenaires. 

Les troubles secondaires sont circonstanciels :

  • Lors événements de vie difficile ( deuil, séparation, perte d’emploi, agression…)
  • Lors d’une mésentente conjugale
  • Lors d’atteinte organique (vulvaire, vaginale, pelvienne)
  • Lors d’une dyspareunie
  • Lors d’un trouble du désir

Conséquences :

  • Mal- être /souffrance
  • Mauvaise image de soi, baisse de l’estime de soi
  • Repli sur soi,
  • Des conduites d’évitement de la relation sexuelle au risque de s’en désintéresser complètement.
  • Des conflits conjugaux

La prise en charge :

Il n’y a pas de traitements médicamenteux pour soigner l’anorgasmie mais plutôt des solutions. Celles-ci dépendent bien sûr de la cause qui fait que vous n’arrivez pas ou plus à avoir un orgasme. Il faut savoir que lorsque l’anorgasmie est passagère, la plupart des personnes la surmontent sans aide extérieure.

Mais dès qu’il y a une souffrance ou lorsque le couple en pâtit, il est important de consulter. Pour cela, vous pouvez consulter un psychothérapeute ou un sexologue. Vous pouvez également d’abord consulter votre médecin traitant, votre gynécologue ou un urologue pour éliminer d’autres troubles possibles comme un déséquilibre hormonal par exemple.

L’orgasme féminin s’apprend, la dysorgasmie primaire baisse avec le temps.

La sexothérapie vous éclairera et vous aidera :

  • A développer un bon rapport avec votre corps : travail sur la corrélation de l’image de soi et votre capacité orgasmique, votre capacité d’abandon, votre capacité d’avoir du plaisir, votre capacité de lâcher-prise
  • A apprendre à devenir active dans votre plaisir.
  • A travailler sur l’importance des pensées positives liée à la sexualité
  • A travailler sur les fausses croyances, les tabous, les interdits liés à la sexualité
  • A travailler sur la qualité de la communication et de la stabilité de la relation de couple.

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Le couple face à une dysfonction sexuelle

Ne pas prêter attention aux signes de dysfonctionnements sexuelles

Quelque soit la dysfonction sexuelle, quelque soit son ou ses origines, la consultation sexologique nécessite d’explorer la dimension relationnelle du couple.
Le symptôme sexuel n’est pas un symptôme comme les autres, il concerne les deux personnes.

L’angoisse générée par le symptôme sexuel nourrit l’incapacité à parler librement du problème et de la façon de le résoudre. L’origine de ce problème de communication dans le couple est généralement la peur, la peur de se sentir gêné, la peur de se sentir rejeté, la peur de ne pas être à la hauteur.

Une majeure partie de la prise en charge thérapeutique du couple va se centrer sur la communication. Le sexotherapeute va aider le couple à partager leur ressenti, leurs attentes, leurs
craintes mais aussi leurs espoirs.

Formuler son ressenti de manière constructive permet d’établir une meilleure communication.

Le couple face à l’infidélité

A l’heure de l’immense liberté de choix de vie amoureuse l’idéal de presque tout couple reste la fidélité (fidélité affective) et l’exclusivité (fidélité sexuelle) comme les moteurs principaux du couple.
Que devient le couple lorsque l’un de ses piliers de sa construction est ébranlé?

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Les troubles du plaisir masculin

 

C’est une absence ou retard persistant ou répété de l’orgasme après une phase d’excitation sexuelle « normale », c’est à dire adéquate en intensité et durée.

 

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Les troubles de l’éjaculation

« L’éjaculation prématurée se définit par un délai cours de moins d’une minute entre le début de la pénétration et l’éjaculation. Ceci étant associé à des conséquences psychologiques négatives personnelles, une souffrance, une frustration, une insatisfaction ou tension dans le couple. Cette difficulté doit exister depuis plus de 6 mois et survenir dans la majorité des rapports sexuels »

Définition du DSM 5

Mais de quoi parle-t-on vraiment ?

Trouble de l’érection

Le trouble de l’érection est l’incapacité constante ou récurrente à atteindre ou à maintenir une érection suffisante afin d’avoir une relation sexuelle satisfaisante.

Elle peut se traduire par :

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Les douleurs / dyspareunies

La dyspareunie est une douleur à la pénétration ou aux mouvements coïtaux. Cette douleur est génitale et persistante.

La vulvodynite est une douleur localisée au niveau des organes génitaux externes de la femme.

Le vaginisme est un spasme involontaire, répété ou persistant de la musculature du tiers externe du vagin perturbant les rapports sexuels. La pénétration est impossible ou douloureuse. Cette perturbation est à l’origine de souffrance et est marquée de difficultés interpersonnelles.

 

En savoir plus sur ces douleurs

Le trouble du plaisir féminin

 

Le trouble du plaisir féminin est une plainte qui va de la baisse de la lubrification vaginale à l’augmentation du délai à obtenir une excitation, à la baisse de sensations clitoridiennes et vaginales jusqu’aux difficultés d’obtenir l’orgasme.

Anorgasmie : incapacité à sanctionner une quelconque stimulation sexuelle par une décharge orgasmique et émotionnelle.

Mais de quoi parle-t-on vraiment ?

Le trouble du désir féminin

Le trouble du désir féminin est l’absence ou l’insuffisance de désirs d’activité sexuelle, de pensées érotiques ou de fantasmes  Le trouble du désir est source de souffrance pour l’individu.

Je veux en savoir plus